Concentrer votre effort d’innovation sur un temps court, obtenir rapidement des solutions actionnables en réponse à un défi de taille et ceci sans dépenser de temps et de ressources en excès… cela vous semble utopique ? C’est pourtant là la promesse des Design sprints, une méthode de conception créée par GV (anciennement Google Venture), le fonds d’investissements dans les start-ups innovantes spécialistes des nouvelles technologies.

Les design sprints se nourrissent du meilleur des méthodologies de la recherche utilisateur, de la stratégie business et du design thinking, laissant à disposition des designers un kit fiable et efficace pour accélérer les processus d’innovation et la conception d’expériences utilisateurs.

 

7 participants, 5 jours, 1 décision !

Design Sprint

A l’issue de 5 journées, qui parcourent les étapes clés du design thinking, le sprint permet d’arbitrer clairement sur un défi donné : création d’un nouveau service ou produit, optimisation d’un business model ou d’un processus métier, amélioration du taux de conversion d’une boutique en ligne… et de décider alors s’il faut par exemple lancer un Minimum Viable Product (Produit Minimum Viable), poursuivre l’exploration pour parvenir à des conclusions plus probantes, ou encore stopper carrément et adresser un challenge différent. Le sprint court-circuite les schémas d’innovation traditionnels en passant directement de l’idée aux enseignements issus des utilisateurs, sans avoir besoin d’investissements coûteux et sans s’exposer aux risques de développer et lancer sur le marché une solution qui n’aurait pas encore fait ses preuves.

Le sprint est généralement animé par un facilitateur, une sorte de chef d’orchestre qui réunit une équipe pluridisciplinaire composée de 7 personnes maximum pour rester efficiente. Celle-ci comprendra nécessairement un décideur, à minima aux moments phares, qui apportera une vision stratégique mais aidera aussi aux arbitrages. Des expertises internes ou externes variées seront utiles pour construire une vision plurielle, complète du sujet sur des plans aussi divers que financiers, marketing, relation client…

Le petit plus : Penser à prévoir un lieu entièrement dédié à l’exercice, les outils matériels utiles aux ateliers, mais aussi des en-cas … et tout ce qui mettra les participants dans les meilleures conditions de concentration et de créativité, car le sprint est dense et consommateur d’énergie !

Jour 1 : Cadrer le défi !

La première journée a vocation à déterminer le défi précis que va relever le sprint : quel va être l’utilisateur à cibler prioritairement, à quelle étape de son expérience va-t-on dédier l’effort, etc.

Pour y parvenir, on définit les orientations à long terme, identifie les facteurs de risques et note les questions soulevées, on cartographie les étapes clés et détermine les acteurs qui prendront part à l’atteinte de ces objectifs. Ces éléments serviront de pense-bête tout au long de la semaine.

L’après-midi enrichira ces éléments avec des présentations d’experts, internes ou externes à l’équipe du sprint, qui évoqueront ainsi tour à tour la stratégie de l’entreprise, présenteront les utilisateurs, l’offre de la société…

La journée se clôturera par un mapping par affinités des notes prises par chacun qui permettra, en catégorisant et en votant, de dégager le défi précis à résoudre au cours de la semaine.

Jour 2 : Générer des idées créatives

Au cours de la deuxième journée, les participants partagent, discutent et sélectionnent des pistes de solutions parmi des idées que chacun aura collectées, puisées dans l’historique de l’entreprise, chez des concurrents, voire chez des sociétés d’autres secteurs d’activité, nourrissant ainsi la réflexion collective d’idées transposables au défi adressé.

Grâce à la matière ainsi réunie le jour 1 et lors de cette matinée, l’équipe est désormais outillée pour consacrer l’après-midi à des exercices d’idéation (crazy 8, sketching…) qui permettront progressivement de faire émerger des esquisses de solutions.

A noter qu’il est utile de commencer le recrutement des testeurs dès le mardi : utilisez les contacts de votre société, vos réseaux, postez des annonces sur des sites grand public, etc… l’objectif étant d’obtenir 5 personnes dans votre cible, disponibles pour tester votre solution durant 1 heure le dernier jour du sprint, le vendredi.

Jour 3 : Choisir la solution

Le mercredi est dédié à la décision. Ce jour-là, les participants doivent se prononcer sur leurs solutions préférées, parmi l’ensemble des propositions envisagées et affichées la veille. La découverte des autres pistes est d’abord silencieuse et se clôt par un vote par gommettes, qui permet d’aller à l’essentiel.

Des échanges ont ensuite lieu entre les participants, guidés par le facilitateur, et des exercices de prise de décision vont progressivement faire converger les participants vers la solution que l’équipe estime être la plus intéressante à prototyper. L’élaboration d’un storyboard, à partir des éléments choisis ici et là parmi le florilège de solutions, va permettre de définir les étapes du prototype qui sera réalisé le lendemain.

Jour 4 : Prototyper la solution

L’équipe est enfin prête à concevoir un prototype de la solution, qui permettra ensuite d’en valider ou invalider le concept auprès d’utilisateurs réels. Que le prototype soit réalisé sur papier, en maquettes grises ou graphiques, ordinateur, à l’impression 3D, ou encore qu’il consiste en des jeux de rôles, l’essentiel est de construire un outil qui permettra d’être compréhensible par l’utilisateur et de tester ses interactions avec la solution imaginée.

Les participants vont ainsi se coordonner autour de la fabrication, la rédaction, la sélection de visuels ou de sons, la cohérence des enchaînements, etc. Un test rapide ce jour-là permet de rectifier et finaliser le prototype pour le lendemain. C’est aussi le jeudi qu’il faut préparer, en parallèle, la journée de test du vendredi : une personne est en charge d’élaborer le protocole de test.

Jour 5 : Valider auprès de vrais utilisateurs

Ce dernier jour va être très riche en enseignements : les participants du sprint vont pouvoir observer les interactions des utilisateurs avec le prototype, comprendre les usages, les points de blocage éventuels, identifier des opportunités d’amélioration. Une retransmission vidéo des sessions de test évite que les observateurs ne soient présents physiquement dans la salle de test et perturbent le déroulé de la session. La personne en charge de la passation des tests accueille les utilisateurs et a la délicate tâche d’animer la session : donner les indications à l’utilisateur sur les actions attendues de lui tout en veillant absolument à ne pas orienter ses comportements.

Un bilan du sprint a lieu où les participants mettent en commun leurs observations, précisant pour chacune si elle est positive, négative ou neutre. L’identification des remarques récurrentes va permettre de tirer des conclusions et de prendre position sur l’ajustement de la solution imaginée.

Passez en mode sprint !

Découvrez les nombreux cas d’application inspirés de cette méthode qui a permis à GV d’accélérer le développement de plus de 100 start-ups, dont de grands succès internationaux comme Slack ou encore Medium. Enfin, si mobiliser l’équipe pendant 5 journées entières vous semble insurmontable, sachez qu’une version en 3 journées est également proposée dans le design sprint kit édité par Google.

Vous hésitez encore ? A votre tour, vous souhaitez actionner une innovation technologique afin de créer de la valeur (IA, chatbot, blockchain, dataviz…) ? Vous souhaitez créer, en un temps court, une solution innovante à un problème concret et vérifier sa viabilité ? N’hésitez pas à nous soumettre vos idées !

Pour en savoir plus n’hésitez pas à lire le livre Sprint, de Jake Knapp, designer de GV, qui regorge de nombreux retours d’expériences.

Sources : https://designsprintkit.withgoogle.com/case-studies/

Case studies

https://kit.com/jakek/the-sprint-kit

Sprint, Jake Knapp

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